Arroser en économisant l’eau
Consommation d’eau pour les plantes :
comprendre les restrictions et économiser l’eau
Les périodes de sécheresse et les restrictions d’eau sont devenues de plus en plus fréquentes en France. Pour les jardiniers, la question est désormais de savoir comment préserver leurs plantes tout en limitant leur consommation d’eau. Comprendre la fragilité des ressources en eau douce et adopter quelques bonnes pratiques permet de concilier jardinage et sobriété hydrique.
L’eau douce disponible sur Terre
Même si notre planète est recouverte d’eau, seule une très faible partie est réellement utilisable par l’être humain. Environ 97,5 % de l’eau présente sur Terre est salée. L’eau douce ne représente donc que 2,5 % des réserves mondiales.
Cette eau douce est principalement répartie de la manière suivante :

77% Glaciers et banquises

22% Eaux souterraines

1% Eaux de surface (lacs, fleuves, rivières)
Mais cette eau douce n’est pas entièrement accessible. Une grande partie est immobilisée dans les glaciers, les calottes polaires et les neiges permanentes. Une autre fraction importante est stockée dans des nappes souterraines profondes, parfois difficiles à exploiter. Au final, seule une quantité très limitée d’eau est directement disponible dans les cours d’eau, les lacs, les zones humides et les
nappes peu profondes.
En pratique, moins de 1 % de l’eau présente sur Terre est facilement mobilisable pour les usages humains, qu’il s’agisse de boire, d’irriguer les cultures ou d’arroser nos jardins 1.


Moins de 1 % de l’eau présente sur Terre est réellement disponible pour notre consommation.
L’eau potable distribuée en France provient de deux grandes sources : les eaux souterraines (62%) et les eaux de surface (38%). Cette répartition varie fortement selon les territoires. Certaines régions s’appuient majoritairement sur les nappes phréatiques, tandis que d’autres dépendent davantage des ressources de surface en fonction de leur géologie et de leurs conditions hydrologiques 2.
Alimentées par les précipitations et le cycle naturel de l’eau, ces réserves ne sont pourtant pas inépuisables. Comment se rechargent-elles et pourquoi leur disponibilité suscite-t-elle aujourd’hui autant d’inquiétudes ?
Des réserves d’eau sous pression
L’impact des conditions climatiques

Les nappes phréatiques se rechargent principalement par l’infiltration de l’eau de pluie dans les sols.
Ce processus est favorisé en automne et en hiver, lorsque la végétation est peu active et que l’évapotranspiration (évaporation + transpiration des plantes) est réduite.
Au printemps et en été, une part importante des précipitations est utilisée par la végétation, restituée à l’atmosphère via l’évapotranspiration ou évacuée par ruissellement, ce qui réduit la recharge des nappes.
Les eaux de surface (rivières, lacs, zones humides) sont alimentées à la fois par les précipitations directes, le ruissellement et les échanges avec les nappes phréatiques. Elles sont particulièrement sensibles aux variations climatiques : l’augmentation des températures accroît l’évaporation, tandis que la diminution des précipitations et la multiplication des épisodes de sécheresse prolongée réduisent les débits et les niveaux d’eau. Certaines zones humides peuvent ainsi s’assécher de manière temporaire ou durable.
L’impact des activités humaines
Les activités humaines accentuent encore cette fragilité. L’urbanisation et l’artificialisation des sols empêchent l’eau de pluie de s’infiltrer correctement dans les terres. Au lieu d’alimenter durablement les nappes et les rivières, l’eau ruisselle rapidement vers les réseaux d’évacuation. L’agriculture exerce également une forte pression sur la ressource, notamment durant l’été, via l’irrigation intensive. Certaines cultures nécessitent d’importants besoins d’irrigation durant l’été.
Plus préoccupant encore : cette ressource déjà limitée est aussi menacée par différentes formes de pollution, qu’elles soient industrielles, agricoles ou urbaines.
Ces dernières années, les épisodes de sécheresse et les restrictions d’usage de l’eau se sont multipliés en France, illustrant concrètement la fragilité de nos réserves d’eau douce. Mais concrètement, en quoi consistent ces restrictions d’eau ?
Restrictions d’eau : ce que les particuliers doivent savoir
Les restrictions d’eau apparaissent lorsque les niveaux des rivières, des nappes phréatiques ou des lacs deviennent trop faibles. Pour éviter les pénuries et préserver l’eau potable, les autorités peuvent mettre en place des restrictions d’usage de l’eau. Ces mesures concernent aussi bien les particuliers que les agriculteurs, les entreprises ou les collectivités.
En France, les restrictions surviennent principalement entre le printemps et la fin de l’été. Entre 2012 et 2022, près d’un tiers du territoire français a été concerné à plusieurs reprises 3 . Ces restrictions concernent principalement les usages non prioritaires de l’eau, comme l’arrosage des jardins, le remplissage des piscines ou le lavage des véhicules.
En France, les préfets peuvent déclencher plusieurs niveaux d’alerte selon la gravité de la situation. Pour les particuliers, voici les principales restrictions concernant l’arrosage des jardins et des potagers :
| Vigilance | Alerte | Alerte renforcée | Crise | |
|---|---|---|---|---|
| Jardins potagers | Incitation à réduire sa consommation d’eau. | Arrosage interdit entre 11h et 18h. | Arrosage interdit de 9h à 20h. | |
| Espaces arborés, pelouses, massifs fleuris et espaces verts | Arrosage interdit (sauf pour les arbres et arbustes plantés en pleine terre depuis moins de 2 ans (de 20h à 9h)). | |||
Les modalités exactes peuvent varier selon les départements et les arrêtés préfectoraux en vigueur. Pour connaître les restrictions d’eau applicables à votre département, vous pouvez consulter le site Vigieau :
vigieau.gouv.fr
S’informer sur les restrictions d’eau en période de sécheresse
Préserver facilement l’eau douce
Préserver les réserves d’eau douce devient donc essentiel, y compris dans nos jardins. Heureusement, quelques gestes simples permettent de limiter notre consommation d’eau au quotidien tout en maintenant des plantes en bonne santé.




Choisir des plantes peu gourmandes en eau
Certaines plantes supportent naturellement mieux la chaleur et les périodes de sécheresse. En privilégiant des espèces adaptées au climat de votre région, vous réduisez les besoins en arrosage tout en favorisant un jardin plus résistant et plus durable.
Les plantes locales ou méditerranéennes, par exemple, sont souvent mieux adaptées aux étés chauds et aux faibles précipitations. Parmi les plantes résistantes à la chaleur et au manque d’eau, on retrouve par exemple la lavande, le romarin, le thym ou les plantes grasses.
Ces végétaux supportent mieux les étés secs et nécessitent généralement moins d’arrosage une fois bien installés.
Le paillage
Le paillage, aussi appelé « mulch », consiste à recouvrir le sol autour des plantes d’une couche de matériaux organiques ou minéraux. Cette technique simple permet de limiter fortement l’évaporation de l’eau et de conserver plus longtemps l’humidité dans le sol.
En réduisant les pertes d’eau causées par le soleil et la chaleur, le paillage diminue les besoins en arrosage tout en créant des conditions plus favorables au développement des végétaux. Il protège également le sol des variations de température, limite la croissance des mauvaises herbes et, dans le cas des paillis organiques, contribue à enrichir naturellement la terre au fil de sa décomposition.
Parmi les différents types de paillage, la paille constitue l’une des solutions les plus polyvalentes. Facile à mettre en œuvre, elle convient à la plupart des végétaux et limite efficacement l’évaporation de l’eau tout en améliorant progressivement la qualité du sol.
Le choix du paillage dépend toutefois des plantes cultivées et des caractéristiques du jardin.


Le paillage peut être utilisé dans la plupart des espaces extérieurs : au pied des arbres et des arbustes, dans les massifs, au potager, ainsi que dans les pots et les jardinières.




Arroser moins souvent, mais plus efficacement
L’une des meilleures façons d’économiser l’eau consiste à n’arroser que lorsque cela est réellement nécessaire.
Or, l’aspect de la surface du sol peut parfois être trompeur. Les testeurs d’humidité permettent de connaître plus
précisément l’humidité présente en profondeur et d’adapter les apports d’eau aux besoins réels des plantes.
Cela limite les excès d’arrosage tout en favorisant un bon développement racinaire.
L’heure de l’arrosage joue un rôle important dans la consommation d’eau.
Arroser tôt le matin, idéalement avant que les températures ne montent, permet de limiter les pertes par évaporation.
L’eau a ainsi davantage le temps de pénétrer dans le sol et d’atteindre les racines des plantes.
L’arrosage en soirée constitue également une solution efficace, à condition de ne pas laisser le feuillage humide toute la nuit sur les espèces sensibles aux maladies.
À l’inverse, arroser en pleine journée, lorsque le soleil est au plus haut et que les températures sont élevées, est généralement moins efficace.
Une partie de l’eau s’évapore avant même d’avoir pu être absorbée par le sol et les plantes.
La manière d’arroser est tout aussi importante que le moment choisi. Un arrosage lent et régulier permet à l’eau de s’infiltrer progressivement en profondeur plutôt que de ruisseler en surface. Il est préférable d’apporter une quantité d’eau plus importante mais moins fréquemment.
Cette pratique encourage les racines à se développer plus profondément dans le sol, où l’humidité reste disponible plus longtemps. Les plantes deviennent alors plus résistantes aux épisodes de sécheresse.
Lors de l’arrosage, il est également recommandé de viser directement le pied des plantes plutôt que le feuillage. Les feuilles absorbent très peu d’eau, tandis qu’une humidité prolongée peut favoriser l’apparition de certaines maladies, notamment sur les tomates, les courgettes ou les rosiers.
Le goutte-à-goutte : arroser mieux avec moins d’eau
Le système de goutte-à-goutte permet d’apporter l’eau directement au pied des plantes, au plus près des racines. Cette technique limite fortement les pertes liées à l’évaporation et évite de mouiller inutilement les surfaces environnantes.
Le goutte-à-goutte permet généralement de réduire la consommation d’eau de 30 à 60 % par rapport à un arrosage classique par aspersion ou au tuyau, en apportant l’eau directement au niveau des racines et en limitant les pertes par évaporation et ruissellement.
Le goutte-à-goutte est particulièrement adapté aux potagers, massifs, haies et plantations en pots. Il existe différents systèmes de goutte-à-goutte selon les besoins du jardin : tuyaux microporeux, goutteurs réglables, kits pour potagers, systèmes programmables ou encore dispositifs adaptés aux jardinières et aux plantes en pots. Certains modèles peuvent même être reliés à un récupérateur d’eau de pluie afin d’optimiser davantage la consommation d’eau.

Le goutte-à-goutte permet de réduire la consommation d’eau de 30 à 60 % par rapport à un
arrosage classique.
Le récupérateur d’eau de pluie
L’eau de pluie est impropre à la consommation humaine, mais elle est parfaitement adaptée à l’arrosage des plantes et du jardin. Utiliser l’eau de pluie plutôt que l’eau du robinet permet donc d’économiser une ressource potable précieuse.
Lors des périodes sèches, les précipitations ne suffisent pas toujours à couvrir les besoins des végétaux. Le récupérateur d’eau de pluie permet alors de stocker l’eau tombée pendant les épisodes pluvieux afin de pouvoir la réutiliser plus tard.
Le récupérateur se présente sous la forme d’une cuve reliée aux gouttières ou aux descentes de toiture. Il peut être installé hors-sol ou enterré. Les modèles enterrés permettent généralement de stocker des volumes d’eau plus importants tout en restant discrets dans le jardin.


Les récupérateurs d’eau de pluie : modèles hors sol à gauche et enterré à droite.
Bon à savoir
Pour limiter la prolifération des moustiques et éviter l’introduction de débris, pensez à couvrir votre
récupérateur d’eau et à installer des dispositifs de protection adaptés.
En bref
Préserver l’eau douce ne signifie pas renoncer à un jardin agréable ou productif. En choisissant des plantes adaptées, en optimisant l’arrosage et en valorisant l’eau de pluie, chacun peut réduire sa consommation d’eau tout en maintenant des végétaux en bonne santé. Ces gestes simples, répétés à l’échelle de millions de jardins, contribuent à préserver une ressource devenue plus précieuse que jamais.
